Aux armes! Aux armes! Des moments saisissants

Le week-end de la Fête du Canada avait lieu l’événement Aux armes! Aux armes! derrière la salle de théâtre du TVT et près de l’hôtel de ville, le long de la rivière des Mille Îles. Des troupes françaises et britanniques, ainsi que de nombreux miliciens canadiens se sont rassemblés à Terrebonne pour évoquer des événements méconnues de son histoire au XVIIIe siècle.

À deux reprises,  le bourg de Terrebonne a été occupé par des troupes militaires, durant des périodes plus ou moins longues. Dans les deux cas, au cours d’un conflit majeur, dans le but de protéger les moulins de Terrebonne, un centre stratégique de production et de distribution de denrées pour les armées.

PHASE 1 – Entre 1757 et 1760, vers la fin de la guerre de Sept- Ans, aussi appelée French and Indian War, des détachements des régiments royaux de la Sarre et de Berry, totalisant plus de trois cents hommes, furent déployés dans la région pour assurer la rentrée des récoltes, menacée et compromise par l’absence des habitants, engagés en tant que miliciens, dans un ultime effort de défense de la colonie française. Après la cession du Canada en 1763, près de 15 soldats démobilisés des régiments de Montcalm vinrent s’établir à Terrebonne. Ils avaient pour surnoms Fort,

Champagne, Lamarche, Sanregret, Lacouture, Lafantaisie, Ladéroute, Lajoie, Dauphiné, Olivier, Saint-Joseph, Cazelet, Beauséjour ou Lalancette.

PHASE 2 – La seconde occupation survint à l’aube de la guerre d’Indépendance américaine; après l’échec de l’Armée continentale et des miliciens américains devant Québec, à l’hiver de 1775, et leur éviction du territoire de la Province de Québec par des troupes britanniques et surtout des « auxiliaires allemands ». Plusieurs détachements de ces régiments furent déployés dans la vallée du Saint-Laurent et notamment à Terrebonne : de 1777 à 1783, le 84th Regiment of Foot ou Royal Highlands Emigrants et le Corps des Chasseurs du Hesse-Hanau déployèrent des troupes dans le bourg; les soldats étaient logés chez les habitants, les officiers britanniques ayant les meilleures maisons, les soldats allemands, les moins confortables. La maison Perras-Bélisle et ses dépendances servirent d’hôpital de campagne et de corps de garde. Pour protéger les moulins, certes, mais aussi pour « pacifier » la population : à Sainte-Anne-des-Plaines, on s’était « rebellé » contre un capitaine de milice « ivrogne »; à Terrebonne, quelque 400 habitants avaient défié l’autorité du seigneur Lacorne.

Étaient présents la Compagnie de LaCorne, la Compagnie du 2e bataillon du régiment de LaSarre, les miliciens de Saint-Joseph de Chambly, les Habitants du Fort, le 78th Fraser Highlanders, garnison du fort St. Andrew de Québec, le 78th Fraser Highlanders des Anciennes troupes militaires de Montréal et le 60th Royal American. Ensemble, sous la supervision de MM. Claude Blouin de la SHRT, Daniel Roy, capitaine de la Compagnie de LaCorne et Pierre Drouin, commandant du 78th Fraser Highlanders, les acteurs de reconstitution ont livré des performances exceptionnelles, considérant les conditions caniculaires. N’oublions pas que, dans le respect des traditions, tous les militaires étaient vêtus de laine et la plupart dormaient à la dure.

La Société d’histoire tient tout particulièrement à remercier tous les bénévoles et guides de la Maison d’histoire qui ont assuré la logistique et la sécurité des lieux.  Entre 500 et 1000 personnes ont assisté aux diverses activités du week-end. La canicule et les alertes d’orages en auront découragé plusieurs…

Les photos sont de Stephane Leblanc et Pierre Tessier, photographes. Pour plus de photos, voir notre page FB Aux armes!

 

 

 

 

 

 

 

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