Historique

La Société d’histoire de la région de Terrebonne (SHRT) est née le 14 octobre 1975 de la volonté d’une poignée de pionniers, à la suite d’une assemblée convoquée par monsieur Aimé Despatis dans son journal La Revue de Terrebonne et tenue au Salon rouge du Collège Saint-Sacrement. Son premier Conseil d’administration fut présidé par le regretté Normand Gouger. La Société a obtenu ses lettres patentes, émises en vertu de la 3e partie de la Loi des compagnies, le 9 décembre 1975 grâce au soutien juridique de Me Denis Hardy, alors député de la circonscription de Terrebonne et ministre des Affaires Culturelles dans le gouvernement libéral de Robert Bourrassa. Denis Hardy était un ami personnel de monsieur Aimé Despatis.

Ne disposant d’aucun local permanent, la Société d’histoire, alors naissante, tenait ses réunions à l’étage de la bibliothèque municipale sur la rue Saint-Pierre, aujourd’hui, l’édifice Louis-Lepage converti en salle du Conseil de la Ville de Terrebonne.

Les années pionnières (1975-1981)

Ces premières années, sous la brève présidence de monsieur Normand Gouger, furent consacrées à la protection du patrimoine bâti, principalement au dossier de l’Île-des-Moulins. La restauration des bâtiments du deuxième site historique en importance au Québec, après la Place royale, monopolisait l’attention et les actions de la communauté terrebonnienne.

En 1978, l’Île-des-Moulins était le deuxième site historique en importance au Québec. «Le concept de restauration s’inscrit alors dans le sillage du projet Place royale de Québec. Les travaux entrepris visent une reconstitution historique centrée sur la période 1832-1883.» Gérard Beaudet

Dans ce contexte d’effervescence patrimoniale, la Société d’histoire adressa une lettre «musclée» au nouveau ministre des Affaires culturelles, l’historien Denis Vaugeois, et obtint l’ouverture du Bureau seigneurial à la population avec le concours du Groupe de la Place publique (composé de Marc et Jean Lincourt, Claude Morin, etc.). C’était le seul bâtiment restauré sur l’Île-des-Moulins : il était vacant, inaccessible, sans vocation définie. La Société fut autorisée à installer ses bureaux à l’étage et le ministère des Affaires culturelles organisa une exposition historique permanente au rez-de-chaussée. Grâce à des subventions, elle put embaucher du personnel temporaire pour l’animation de l’Île-des-Moulins et du Vieux-Terrebonne historique. Elle en obtint aussi pour microfilmer les minutiers des notaires du XIXe siècle ayant œuvré à Terrebonne et dont les greffes étaient encore inaccessibles, conservés qu’ils étaient dans les archives du Protonotaire du district de Terrebonne, au palais de justice de Saint-Jérôme.

C’est à cette époque «glorieuse» que la Société organisa les premiers circuits patrimoniaux dans le Vieux-Terrebonne, la Côte de Terrebonne (œuvre de madame Lucette Lupien), Lachenaie (œuvre de monsieur Ronald Bouvier) et Mascouche. Des panneaux du « Patrimoine » furent installés devant des édifices et des lieux historiques. Dans la foulée s’ensuivit le lancement d’une collection de brochures sur le patrimoine régional, dont les premiers titres furent consacrés à la maison Perra-Bélisle de Terrebonne, à la maison Bouvier-Allard de Lachenaie, aux maisons Roussil de Terrebonne et à la maison Renault de Mascouche. Afin d’amener les membres, de plus en plus nombreux, et la population de la région à découvrir leur histoire, la Société organisa des conférences mensuelles qui prirent bientôt la forme de souper-causerie. Elle publia, en outre, un bulletin d’information intitulé La Fournée, d’abord dans les pages du journal La Revue, puis sous la forme d’un fascicule, dont la périodicité fut variable, envoyés à ses membres. Messieurs Ronald Bouvier et Réjean Desjardins en furent les premiers rédacteurs.

Au cours des années, des centaines de personnes ont assisté aux conférences de la SHRT.

La période des grands projets (1981-2002)

La venue de Marguerite Lachapelle à la présidence imprima progressivement une nouvelle orientation d’action à la Société d’histoire qui devint de plus en plus un partenaire incontournable dans le développement socioéconomique et culturel de la région, notamment dans la mise en œuvre d’une structure d’accueil et de développement touristique. Un projet structurant s’ébaucha en 1987 soit la création d’un musée dédié entièrement à l’œuvre de la famille Masson. Le projet prit le nom de « Maison de la culture Joseph-Masson ». La Société d’histoire procéda à l’acquisition progressive des biens de la succession Masson; elle constitua aussi un important fonds d’archives; elle fit des études de faisabilité. Tandis que le projet prenait forme et qu’il était sur le point de se concrétiser, la conjoncture politique du milieu des années 1990 en empêcha la réalisation. Le projet fut relancé en 2000 sous le nom de «Maison d’histoire de Terrebonne».

Le magnifique édifice de style Queen Ann, sur la rue Saint-Louis, qui devait abriter la Maison de la culture Joseph Masson. Un projet de près de 1M $.

D’autres projets mobilisèrent la Société d’histoire au cours de cette période, notamment ceux de la sauvegarde du Domaine seigneurial de Mascouche et de la préservation du lieu historique et archéologique du Fort de Lachenaie. Mais, le décès prématuré de Marguerite Lachapelle (en 2001) et le départ de la région de Claude Martel (en 2002) provoquèrent la cessation presque immédiate des activités de la Société, faute de relève. En conséquence, tous ces projets furent abandonnés.

La période de «dormance» (2002-2008)

Entre 2002 à 2008, la Société sombra dans une «période de dormance» durant laquelle monsieur Aimé Despatis tint le fort à bout de bras : il assura la sauvegarde des archives en les confiant au Centre régional d’archives de Lanaudière, nouvellement créé; il obtint le soutien financier de la Ville de Terrebonne pour la réalisation d’un inventaire sommaire des archives de la Société et de ses archives personnelles, qu’il entendait léguer à la Société dont il souhaitait la relance. Finalement, il confia à la Société de développement culturel de Terrebonne (SODECT) tous les artéfacts de la collection Masson, afin qu’ils soient conservés convenablement et, surtout, mis en valeur.

La relance : 2008-

Sous l’impulsion d’Aimé Despatis qui sonna le rappel de la «vieille garde» en février 2008, la Société d’histoire relança ses activités. Le projet de maison d’histoire a été remis sur les rails, ainsi que les activités qui figuraient traditionnellement à l’agenda : conférences mensuelles, publications, le bulletin La Fournée. Depuis, la Société d’histoire reprend progressivement sa place au soleil : elle compte plus de 100 membres, a mis en ligne un site internet et s’est inscrit dans la mouvance des réseaux sociaux en ouvrant une page Facebook.

La SHRT a participé activement aux travaux du Comité promoteur du Vieux Terrebonne de 2011 à 2013.

La Société collabore désormais avec la Société de développement culturel de Terrebonne (SODECT), le Centre régional d’archives de Lanaudière (CRAL), la Commission du patrimoine de Culture Lanaudière, Tourisme des Moulins, etc. Elle est redevenue le partenaire incontournable qu’elle a été, non seulement dans ses domaines de compétence que sont la diffusion de la connaissance historique et la préservation du patrimoine, mais aussi dans la revitalisation culturelle et touristique du Vieux-Terrebonne historique. C’est dans ce contexte qu’elle a participé aux travaux du Comité promoteur du Vieux-Terrebonne et à l’élaboration de la Politique culturelle de la Ville de Terrebonne en 2011 et 2102.

Le 15 mars 2013, le maire Jean-Marc Robitaille et le président de la Société d’histoire inauguraient la Maison d’histoire de Terrebonne en coupant le ruban d’usage. Située au cœur du Vieux-Terrebonne (148 rue Saint-André), elle est le point de départ incontournable vers une aventure merveilleuse à travers son passé prestigieux.

En novembre 2015, la Société d’histoire célébrait dignement ses 40 ans d’existence, par un grand gala hommage à ses fondateurs, tenu au Club de golf Le Boisé.